CHANGO

Tu crois au dieu tango
Tu crois au dieu boule de feu
Tu crois à la fissure dans la fesse
Tu crois au dieu ibérique
Tu te crois dans la fosse aux lions
Tango
Tu peux croire en un monde meilleur
En un dieu
Boule de feu
Tu crois en ma femme

En un dieu poétique
Tu te crois comme un clou enfoncé dans la politique
Tango
Car il t’a fait connaître l’amour
Le dieu Tango
Ou Péruvien
Des rapports de mort
Avec le gant
Des rapports de chaud
Avec le tango
Tu crois en un dieu nostalgique
Danse le tango
Avec la femme du monde
Chante maintenant
Avec la femme du peuple
Ô danse
Avec ta langue fissure
<laissons de côté ce que nous pourrions faire
Pour plaire aux hommes
Chante maintenant
Avec la femme chaude
Qui claque des talons sur le parquet
Du pays plat
Une ouverture de tristesse
Et le rire qui claque comme une langue au fond
La pirouette que fait cette langue
Jusqu’au fond du gosier
Jetons lamorale
Prenons la sagesse
Avec la taille échancrée
Avec  une queue  paon
Si je me réveille
Aïe ! Aïe ! Aïe !
Avec un dieu qui ne vibrerait
Qu’aux lattes du parquet
L’accordéon me nourrira la tête
Je mourrai  accordéon
Adieu tango misère
Je reprends goût avec les formes
Ailleurs que la tendresse
Je goûte le nec plus ultra
La vie à plein nez
A pleines dents
Les orbites en léthargie
Et les oreilles dans le marasme économique
Tango
Je ne connais point de monde meilleur
Mais je t’emmène
Danser dans mon sourire
Qui pianote sur le fil à trancher
De la charcutière
En un dieu bouffe
Camarade
Ou éphémère
Mes oreilles sont comme la mer
Comme les poumons de la terre
Avec un soufflet
Pour rallumer la boule de feu
Pour raviner la fissure dans la fesse
Pour ramener le hic
Et souffler dans tes oreilles
Des chants de maintenant
Que je ballade en quadraphonie
Ce soir mon poème sera long
Absurde et regrettable
Le temps de se renifler un dernier
Tango !

 

Oreille ! Ô désesplatch ! Ô trompetti trop petit !
Ô trompettiste !
Ô vieillesse mortelle, pourquoi m’as-tu trompée ?
Ô sploutch ! Ô dodeskaden ! Ô tempora, ô mœurs !
On meurt à la fenêtre et vous ne faites rien pour attendre
Où est ma ristourne, mon collège, mon vernissage, mon œuf ombilical, ma petite tempora ?
Ô mage ! Ô Imprecator !
Ô zigounet trop petit !
La zigounette cherra
Par ou enfonce-t-on l’enfance ?
Par où enfonce-t-on la bite ?

Oreille ! Oreille ! Ô vieux rêve insoumis qui m’emporte comme un confetti, une oreille percée, un ananas, oreille, ô vagissement, ô scaphandrier dans la plaine en été sous le vent humide des marais qui remontaient à la surface les joyaux de nos offrandes. Vos mains sont pleines de gruyère et le bathyscaphe lui ne remonte plus à la surface.

La guitare luit dans la nuit. Le disc-jockey s’efface de sa platine en diamant en avalant un bon bourbon tassé, sa dernière rasade Tarass Boulba sur le pick-up pour faire plaisir à mamie qui tricote toujours des écharpes de feu pour les pauvres tommies qui n’ont pas rallié Dunkerque à temps.
Ô tempora ô mœurs, ô déesse mortelle !
Faire bonne provision de mains sur plages Normande, mains séparées de corps, corps enfoncés par les vagues, corps ondulant dans les canulars du varech. Corps ne se fichant pas mal de ses mains. Bonne provision pour l’hiver. Sa dernière ballade fut pour cet hiver.
En rentrant chez lui il découvrit le cadavre d’Anananevoiturienvenir-Eh non !
.
 
Je suis un univers clos
A cloche pied on y fait le bout
La trappe est en bois massif
Même la poulie est claustrophobe

 

Rives que je salope à loupiotte écartée
Je pullule de crabes
Annule ton cancer de l’anus
Ton petit caillou se brise en millions de caillots
Ton karma irriscent
As-tu ferraille ?
Aucune
J’ai bu les aveux des poètes millénaires
J’ai galopé des queues enflammées de fouets
Ardents


J’ai aidé à devenir mon pipi congratulescent.

Il fait chaulit
Dans la chambre à coucher
Il fait tout le temps
Chaulit
Mais la nuit velue
La chambre louche
Et les yeux mignons
Du garçon fou
Font chauffer la couche
A coup de chant
Chiche
Warum à la niche
Chiche
Vaudou room pour tous
Chiche
Warum ich liebe dich
Because t’as pas de cause mais Cosette à niquer.

 

Ecliboussé, aloutré
J’attends toujours quelqu’un à l’orée des sentiments
L’oreille collé au portail
J’écoute les douilles des cartouches joncher l’esplanade à pigeons
Mon œil glisse dans sa rétine gauche
Je lève la main. J’abats le loquet
Démence de l’arc syncopé, excité à quatre épingles
Echeveaux de laine
Mon pied glisse à son tour


Sur la houle des troncs d’ébène.

Jadis
Une goutte de sein
Tous les matins
La vie en bas jacasse
L’Acacia grimpe
Une goutte de rein


Tous les vermillons

Je rêve de destinées exemplaires
Ephémères
Je rêve un corps de rêve
                                          Déversant


Sa véracité de vers

J’ai crié toute mon enfance
Je n’en avais pas
C’était de la bile
C’était de la larve
C’était
Destinataire carré
Destinatoire avarié
Lettre prédestinée
Des astres belle inconnue


Pas reçu désolé

 

J’écris ici les premières mesures de mon démon
Il est une toile oû je croîts de ma mine patibulaire
Et salutaire puisque
Le cri muet de ma charpente métallique charme et détruit


Ce qui de ses morsures restes

Marche ou crève disait le baron de toute chose

  1. Quel baron
  2. Le baron du monte en l’air. A sa femelle

L’homme était dans un étui à cigarettes quand il demanda qu’on lui retire son bandeau.
Il se demanda pourquoi on ne lui retirait pas.


Le baron retira le paquet vide et le remplaça par un plein puis il partit en titubant vers quelque danse passionnante dans un univers crème soda, vers le marché couvert de Buenos-Aires.

M’as-tu vu en artiste
M’as-tu vu c’est pas triste
Papoose américain
Mon foutre qui raisonne
Dans ta panse établie
Je connais une cause
Dans le Caucase
Qui se dévergonde
Et qui prend de l’âge
Sur la plage des fantômes
Je connais une Sud
Américaine
A avaler ses cachets
De viande minérale
Je connais tout
Et je ne sais rien
Dans ma colère
Je vois des veaux
A tombeaux ouverts
Qui ouvre la bascule
A déverser mon âcre
Dans la légendaire patrie

De mon cœur
Oû il n’y a rien pour y voir
Que le poteau de torture
Accroché comme un totem
Dans la cathédrale
Des eaux minérales
Oh Evian
Léviathan grotesque
Je te dégueule à la face
Ô capitales insoumises
Sur nos bras décapsulés
Oh vos villes de crises
Et de désespoir
Oh vos Chrysanthèmes
Eplorées
Sous la douche de boucher
Athènes ! Athènes
Aucune cause n’est bonne
Mais au dessus du plafond
La bonne jouit jouit jouit
Quand viendra l’heure
De déverser son foutre
M’as-tu vu en artiste
M’as-tu vu c’est pas triste
Quand viendra l’heure
De déverser son foutre
Loin de vos numéros
A prétexter
Le cadran
De la somme de chiffre
Qui vous reste à vivre
Oh Paris capitale cramoisie
Oh je me mets l’eau à la bouche
Et je ferme ma gueule
Quelque part
A Athènes
Avec un chrysanthème
Sous la coupe des cheveux bleus
Que je me serai fait tondre
Pour n’avoir pas vu
Le grand sécateur
De vos illusions perdues
Mon foutre est un poison, certes
Il n’y a que les filles
Qui en connaissent la raison
Et pour ce qu’elles en font
Elles peuvent bien
Se torcher le cul
Avec
Moi je suis un drôle de numéro
Qui ne dit jamais ce qu’il pense
Qui suce son poison
Car le goût est âcre et demeure
Au dessus du plafond
Oû la nuit jaune jaune jaune
Pour mettre au monde des crabes
Tenaillés par l’idée
Que le monde est mouvant mouvant
M’as-tu vu en artiste
M’as-tu vu c’est pas triste
Je connais dans le sable
Mon mouvement tourné vers la lune
Triste
Vers la lune drôle
Je connais des tas de choses
Qui ne font pas de moi un homme
Je suis tout bonnement agencé
Par une agence galactique
Qui n’existe
Que dans nos bâillements successifs
A une gloire conquise
A la foire du poignet
Vois tu c’est là ma destiné
Et je te laisse
M’as-tu vu en garçon vacher
Parmi ma panse écrabouillé
Par un dix tonnes aux longues cornes
Je ne te dirai rien
Tu en sais déjà bien assez
Je te promets de ne conduire
Aucun troupeau
Vers leur soupe au lait
Je te vois qui se rapproche
Une cloche entre les dents
Peste, peste noire
Voilà qu’on soigne tout
Ton bulbe te choque
Va chez le diététicien
Va…Oh rien, je disais
Va m’acheter une pâte dentaire
Je crois que je me suis mordu le poignet
Vois tu ne parts pas
A la minute oû je mourrai
Tu m’oublieras
Sale vache
Hic
Soigne ton tic
Avant de charger
Ton mysticisme
Au fond du froc
Qui pleure la cause
Quelle cause
A la minute oû je mourrai
Tu n’auras pas de mot
Que tout ce qui a été dit
Aminuit
Ce qui n’est pas tous les soirs
Toi
Qui t’habille comme une grenouille
Saute saute au plafond
Et vois si la bonne jouit jouit jouit
Toujours autant
Avec son petit miroir
Coincé entre son stérilet
Et son clitoris
Vois si tous les hommes
N’ont pas quelque chose entre les
Cuisses
Qui goutte qui goutte
Et puis qui s’exaspère enfin
Dans un grand bruit de chasse d’eau
Je sais dans les égouts
La peau de couille
Qui flotte
C’est tout ce que je sais
Puisque j’y suis posé
Presqu’en équilibre
Je suis un mutant
De l’espèce chacal
Chaque personne qui montera
Se compartimentera
N’aura plus le loisir d’en redescendre
On roule jusqu’au bout
Je suis un coucou
Coucoucoucou
M’as-tu vu en artiste
M’as-tu vu c’est pas triste !

 

 
Il est éteint petit garçon
Tout doit disparaître
Apparaître
D’un seul bond

Lâcher le téton
Du démon
Montrer face au créateur
Sa feu création

 

Grillez grillons !
Pas de visions dans les étoiles
Avant d’écrire je
Sombre de sommeil

Le jeu en vaut il la chandelle
Les yeux rivés sur le retour


Il est éteint petit garçon